Démocratie (de.mɔ.kʁa.si), nom féminin. Régime politique dans lequel l’ensemble du peuple dispose du pouvoir souverain. — Wiktionnaire

Voici une citation de monsieur Nicolas Sarkozy dont j’aimerais discourir un peu :
L’internet libre est maintenant un critère pour savoir si l’on est face à une démocratie ou une dictature. — Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa
Pour y répondre, je ferai complètement abstraction de qui elle vient, comme si elle était l’expression d’une pensée de comptoir, balancée entre les cacahuètes et la première mi-temps. Faisant par là abstraction de toute la mauvaise foi du bonhomme concernant les internets, ce qui est le plus difficile. Au premier abord, cette observation est touchante. Touchante parce que somme toute vraie, néanmoins simpliste, voire éperdument naïve : c’est croire que la liberté de chacun est un fondement de la démocratie, un système qui se battra pour défendre la liberté d’un peuple souverain et non le soumettre à lui-même. La démocratie – dans mon acception – ne relève que d’un jeu de pouvoir (κράτος, le pouvoir), balancé entre les mains d’un peuple souverain et malgré tout débile (debilis, mutilé, infirme, incapable). Il est rendu tel, et maintenu tel par un système aristocratique, qui n’est pas mort aux révolutions, ledit système qui a tout intérêt à ce que ce même peuple, la masse, reste profondément débile et loin des « choses des grands du monde ». Ce sont là les résidus d’une bourgeoisie qui a alimenté la « révolution du peuple », lorsqu’elle cherchait à supplanter la noblesse. C’est son ascension sociale, le pouvoir qu’elle a pu prendre en se laissant porter par la voix des petites gens. La démocratie que je vois réclamée par des protestataires qui en ont ras-le-bol n’est pour moi qu’une case vide, un concept faux et mal repris. Mais ce en quoi ils croient est beau, et mérite peut-être d’être nommé démocratie. Voilà, j’ai simplement trouvé mignon de croire que la liberté est un fondement démocratique, et non pas le pouvoir – et le pouvoir seul – d’un peuple. Je suis convaincu que l’on peut être souverain, avoir toute cette force, tout ce pouvoir que nous accorde la démocratie, sans être pour autant libre. C’est pourquoi, je crois, le système en lui-même est poussé dans ses retranchements, par une masse toujours aussi profondément abêtie, qui n’y comprendra jamais rien, mais qui a l’intuition que quelque chose, quelque part, s’est définitivement cassé la gueule.