C'est en lisant cet article de Cyrille à propos du Fairphone que je me suis remis à rêver au smartphone idéal, ce téléphone aux multiples fonctionnalités qui conviendrait à mes désirs techniques comme à mon obédience libriste. La souscription aux réquisits du commerce équitable, tout à fait louablement, est un agrément décisif à des désirs avant tout techniques.

J'entonnerai toujours la même rengaine : il faudra qu'un tel objet soit libre et ouvert. Libre techniquement, tant pour la pile matérielle que la pile logicielle, mais aussi ouvert à des modifications transparentes, de sorte qu'il convienne à n'importe qui. Ce bout de plastique serait donc malléable, adaptable à l'utilisateur, exemptant ce dernier de se soumettre sans recours aux choix techniques de développeurs.

Un tel objet réclame des outils simples et libres eux aussi, développés de telle sorte qu'ils prennent en charge cette nouvelle génération de terminaux mobiles, permettant à l'utilisateur maître de son terminal de passer de l'un à l'autre système d'exploitation en quelques clics seulement, depuis la sélection d'une image dans une liste (comme le panel que semblent vouloir viser les constructeurs du Fairphone) au branchement du périphérique, avec possibilité d'enregistrer l'image installée sur le terminal, et ses modifications, en vue d'une restauration à l'identique si le besoin s'en fait sentir.

Tizen, Firefox OS, Android, Replicant, Mer, Ubuntu, Sailfish... ou n'importe quelle distribution libre, seraient installables de la sorte, pour peu qu'elles puissent intégrer les piles nécessaires à son fonctionnement sur ce type de matériel, intégration d'autant plus simple de par l'ouverture inhérente de cet idéal que je nourris.

Ce vue d'esprit n'est évidemment réalisable qu'à la condition d'une ouverture de la part des constructeurs et des développeurs, avec un matériel ouvert, une publication automatique des firmwares et des drivers, qui pourront de la sorte être intégrés automatiquement aux différents systèmes installables, en toute transparence. Même, par souci de légèreté, les pilotes pourraient être à part, intégrés à la volée, semi-automatiquement, lors de la création d'une image spécifique au terminal considéré (parce que dans mon rêve, il en existe une foule de modèles différents), les modules et pilotes nécessaires au périphérique étant scannés par l'outil et sélectionnés parmi ceux librement disponibles.

Dans mon rêve, l'utilisateur pourra enfin être maître de son terminal de poche, et j'espère que le Fairphone pourra montrer la voie.