J’ai remplacé la pâte thermique faisant le contact entre ma carte graphique et son système de refroidissement. Il y a un peu de temps déjà, j’avais remplacé celui fourni par le constructeur par un nouveau bien plus performant : un Raijintek Morpheus II[1] surmonté par deux ventilateurs Noctua NF-F12[2].

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Le matériel nécessaire pour cette manipulation a été :

  • deux tournevis cruciformes de tailles différentes afin d’extraire la carte graphique (une AMD Radeon RX 580 acquise à pas cher) de la tour dans laquelle elle sert (embout épais) et enlever le radiateur (embout fin)… non je ne connais pas la largeur des embouts ;
  • un flacon d’alcool isopropylique récupéré à la pharmacie du coin pour quelques pièces, afin de nettoyer les résidus de pâte thermique sur les surfaces de contact que sont le processeur graphique et la base plane du radiateur ;
  • quelques chiffons et un coton-tige afin de nettoyer délicatement les résidus présents sur lesdites surfaces en les imbibant d’alcool isopropylique ;
  • une surface de travail dégagée et éclairée, du temps et de la patience.

Pour commencer la manipulation, après avoir extrait la carte graphique de son boîtier, je l’ai déposée sur mon « plan de travail » (la table de la salle à manger), ventilateurs en dessous, exposant les vis retenant le radiateur.

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Ces vis retiennent chacune un ressort qui augmente la pression du radiateur sur le processeur graphique. Il faut donc les enlever précautionneusement en dévissant chaque vis de quelques degrés à la fois puis passer à la suivante suivant la diagonale.

Avant d’enlever le radiateur, il est nécessaire de déconnecter tous les câbles qui font le pont entre la base de la carte graphique et son système de refroidissement. Une fois les vis complètement déserrées, il est désormais possible de retirer la carte graphique elle-même de son système de refroidissement. Si comme moi vous avez les cheveux longs, je vous conseille de les attacher parce que c’est à partir de cette étape que j’ai commencé à en retrouver un peu partout sur ma carte graphique au fur et à mesure que je la nettoyais (c’est l’automne, les feuilles tombent).

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Une fois que les surfaces de contact sont exposées, il est enfin possible de les nettoyer, c’est-à-dire les préparer à accueillir une nouvelle couche de pâte thermique. Je « mouille » donc un chiffon doux avec un peu d’alcool isopropylique et je le passe délicatement sur les surfaces salies par la précédente pâte thermique. La base du radiateur est totalement plane, il est donc très simple de la nettoyer.

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Par contre, j’utilise un coton tige que je tamponne doucement sur les parties fragiles comme le processeur graphique. J’utilise ce coton-tige pour chasser les résidus de pâte thermique dans les creux et recoins entourant le processeur. Une fois le tout bien nettoyé, je passe un chiffon sec sur les surfaces de contact nettoyées pour en enlever les derniers résidus.

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Une fois le tout nettoyé et séché, il est temps de sortir la pâte thermique de son emballage. Même si à peu près n’importe quelle pâte thermique de qualité fera l’affaire (Arctic, Arctic Silver, Noctua, Gelid… même en métal liquide si vous n’avez pas les mains qui tremblent autant que les miennes), j’ai choisi la Thermal Grizzly Kryonaut qui a l’avantage d’être livrée avec un applicateur à visser au bout de la seringue de pâte thermique que je trouve très pratique quand on a les mains qui tremblent, vu qu’il me permet d’éviter d’en étaler partout, râler, nettoyer, recommencer.

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À noter que la pâte thermique s’utilise avec parcimonie, ce n’est pas du beurre que l’on tartine malgré une consistance qui parfois s’en rapproche. La couche doit être relativement fine et servir à aplanir les surfaces en contact. Il ne faut pas en mettre trop si on ne veut pas se retrouver avec des résidus de pâte thermique sur les composants entourant le processeur graphique qui aurait été chassé de la surface sous la pression de la surface de contact du ventilateur revissé.

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L’étape suivante est justement le replacement du radiateur sur la carte. Pratiquement, il s’agit plutôt de l’inverse, replacer la carte sur le radiateur. Remonter le dissipateur de chaleur se fait en alignant les trous dans le circuit imprimé avec le vis hexagonales qui sont sur les clips à la base du radiateur. Il reste à aligner là-dessus la plaque arrière (le côté le plus mou en contact avec la carte graphique pour ne pas écraser les composants sous elle) et les vis à ressort. J’ai resserré les vis comme je les ai enlevées : des rotations de quelques degrés à la fois sur chaque vis en suivant les diagonales.

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Il ne me restait qu’à rebrancher les ventilateurs à leur contrôleur pour que je puisse profiter de la vue de mon bricolage achevé : une carte graphique très bien refroidie grâce à un dissipateur de chaleur de rechange trois fois plus gros que celui d’origine, mis en contact grâce à une fine couche de très bonne pâte thermique.

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Et sous un autre angle :

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Par contre, une carte graphique ainsi refroidie est bien plus lourde. Elle a donc tendance à s’affaisser, ployer à cause du radiateur dont elle doit porter tout le poids. Pour lutter contre cet effet, j’ai acheté une équerre de soutien qui se visse au même endroit que les équerres PCI. En plaçant un caoutchouc où l’équerre passe sous une surface plane des ventilateurs, j’empêche donc ma carte graphique de plier tout en obstruant au minimum le flux d’air entourant celle-ci.

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  1. À noter que ma carte graphique n’est pas jugée compatible avec le Morpheus II, le dissipateur VRM fourni n’est pas utilisable parce que trop court. Il n’est pas impossible que le Morpheus VEGA le soit plus mais je n’ai pas la possibilité de le vérifier. J’ai donc laissé le dissipateur VRM par défaut sur ma carte graphique. ↩︎

  2. Les ventilateurs sont raccordés à la carte graphique au moyen d’un adaptateur en Y de modDIY (en voici un autre). ↩︎