On juge votre orthographe, mais on ne juge pratiquement jamais l’orthographe elle-même.

Pourquoi mettre un « t » à édit ou bruit (comme dans éditer ou bruiter), mais pas à abri dont le verbe a pourtant la même forme ? Pourquoi écrit-on « gelée de groseille » au singulier et « confiture de groseilles » au pluriel ? La marque du pluriel dépend-t-elle uniquement du temps de cuisson ? Le seul son [s] peut s’écrire de 12 manières différentes, et la lettre « s » peut se prononcer de 3 manières différentes ([s], [z], ou muette)… Voici quelques uns des constats, quelques unes des interrogations directrices de cette conférence grand public à propos de l’orthographe française.

« La Convivialité » est un moment ludique et instructif sur notre rapport à l’orthographe, alors que le sujet n’est pas nécessairement des plus attrayants mais toujours des plus clivants : c’est quand on aborde la possibilité de sa réforme que les réactionnaires sortent du bois. Une passion pour certains et un chemin de croix pour d’autres, l’orthographe s’inscrit comme un évaluateur tout le long de notre scolarité alors que son évolution est faite d’erreurs et d’incompréhensions, de raccourcis et d’illogismes. Bref, l’orthographe française, par sa complexité est un marqueur social qui permet de faire le tri.

Ce débat passionné entourant l’orthographe française est mené Arnaud Hoedt et Jérôme Piron, deux belges diplômés en philologie romane. Ceux-ci dépouillent, de manière drôle et instructive, les préjugés durement ancrés concernant la langue française et son instruction.

Et comme ceux-ci le disent d’entrée de jeu :

Fini le baratin. L’écriture ne constitue ni la finalité ni la nature première du dire. Inutile d'alourdir la plume par une pénible fioriture. Si le code s’améliore, il définira une manière directe de traduire le son par le signe, libre de toute morale.

Source : La Convivialité, spectacle complet sur RTBF Auvio, 03 septembre 2018.