Un petit article s’est glissé dans mes flux : La RIAA réclame 72 trillons de dommages et intérêts à LimeWire. Au premier abord, j’ai pesté contre ces foutus yankees incapables d’utiliser le SI, puis j’ai réalisé la débilité de la chose, serait-elle vraie ou fausse.

Un trillion, ça fait 1012 ou 1018 millions – à vous de choisir -, rien que ça. Pourquoi ce chiffre ? Parce qu’un album téléchargé équivaut à une perte, comme s’il n’avait pas encore été assez dit que c’est une méthode de calcul totalement inepte, et que donc beaucoup de téléchargements font plus de pertes que les richesses combinées de la planète. D’une certaine façon, finalement, je suis content qu’un tel procès puisse avoir lieu, qu’il soit possible d’enfin démontrer, face à l’aberration de la demande, les défauts profonds de celle-ci. Ou alors c’est juste une blague, comme cette autre. Pour faire l’exemple, je propose plusieurs procès de la même veine, j’espère que je serai grassement rétribué pour ce patrimoine intellectuel de grande ampleur. Ces procès seraient :
  • contre les développeurs du peering (P2P, Bittorrent, ce nids de voleurs),
  • de la technologie diabolique du copier-coller,
  • d’Internet en tant que vaste association de malfaiteurs en bande organisée,
  • de l’informatique parce que tout ça ne serait jamais arrivé sans et qu’ils ont dû le faire exprès ;
  • contre la biologie parce que l’humain à les moyens de jouir de matériaux volés sans aucun blocage physique ou mental ;
  • contre la culture humaine, parce qu’elle est faite d’évolutions et donc de copies constantes ;
  • contre l’imprimerie, parce que ça a donné les imprimantes et les photocopieuses, merde ;
  • et puis contre l’humanité elle-même pour complot mondial contre l’industrie de la Culture avec un grand Q.
Franchement, arrêtez la coke. S’il est bien une chose qui me débecte dans cette industrie de collecteurs de droits d’exploitation, c’est ce viol permanent et éhonté de la « culture populaire » dans son acception la plus large. Il est devenu habituel et, hélas, toléré, de se faire voler ce que nous, peuples, avons inventé, intégré, développé et amélioré dans notre histoire – ce que moi j’appellerais justement « culture ». Cette culture de droits est insoutenable et ne peut se justifier d’avoir été créée de toutes pièces par des êtres sans éducation ni « culture humaine », comme cela semble prétendu par ces marchands de droits. Les noms des muses, la mythologie, la langue, les noms communs, … Bientôt l’on poursuivra les dictionnaires parce que des noms de marques, déposés, y sont évidemment repris. Ce monde à l’envers m’attriste et ne m’attire plus.