La pierre que l’on jette souvent aux (utilisateurs de) suites bureautiques alternatives à la sacro-sainte Microsoft Office (disons surtout contre OpenOffice.org ou LibreOffice, le cas de Bean, de KOffice, ou de solutions commerciales comme iWork, WordPerfect, qui peut-être bénéficient d’un support plus grand…) c’est un souci d’interopérabilité – vos documents en formats ouverts (odt, ods, odp, … pour le doc, xls et ppt par exemple) ne pouvant être parfaitement partagés avec ceux possédant le logiciel de Redmond, que cela soit dans un sens ou dans l’autre – et à sa manière Microsoft en est bien conscient. Nulle envie pour moi d’ici utiliser ma plume à décrier l’abus de position dominante d’un logiciel dont les formats ne sont pérennes que parce que beaucoup l’utilisent encore, que c’est systémique et rien de plus : sa force est le résultat d’une implantation abusive et forcée dans l’environnement professionnel avec des licences vendues au rabais, bradées pour les employés, … Non, loin de moi cette palabre-là. Ce que je voudrais aborder, c’est une sorte d’arsenal logiciel minime, pensé de façon pratique, pour un usage domestique et familial. Les contraintes sont bien évidemment de pouvoir procéder tant à une rédaction personnelle « à partager », qu’une rédaction collaborative « à éditer » – en condamnant le réflexe du partage d’un .doc par exemple à la moindre occasion. Le plus courrament, s’il me faut transmettre un document fixe à l’un de mes contacts (ce qui généralement prévaut dans mes échanges de cet ordre : nul besoin qu’il soit édité), je crée un pdf, ce qui me semble pour le moins logique. Ainsi peu importe que je l’aie exporté via M$ Office, LibreOffice, imprimé via cups-pdf ou résultant d’une production en LaTeX. Pour la collaboration, disons, « de correction » – c’est à dire où j’ai besoin que l’on jette un œil à ce que j’ai pu écrire -, j’ai plusieurs cas / choix / possibilités : Si je désire faire corriger ledit texte par plusieurs personnes à la fois, ou qu’il s’agit d’un projet à plusieurs mains… un EtherPad (Framapad, PiratePad, Pad personnel…) suffit la plupart du temps (et peut être verrouillé si je veux que ça reste un minimum confidentiel). Pour de la collaboration sur document, Google Docs (et autres alternatives centralisées) tend à s’imposer parce que pratique et facilement gérable. Une alternative qui me tient cœur et que j’ai déjà illustré dans ces pages c’est la collaboration via XMPP, mais cela nécessite une conversion de mon contact s’il n’utilise pas cette solution. Je la soumets de temps en temps, sans véritable succès hélas (l’exigence logicielle est hélas un peu trop importante pour l’utilisateur moyen). Ce concernant les fichiers de présentation (ou Powerpoint pour les infectés)… Je n’en utilise pas, n’en ouvre pas et réclame si c’est vraiment important une version PDF, ou une extraction de texte (histoire de montrer à quel point ce peut être vide et d’une inanité profonde) – vous aurez compris que j’abomine ce genre de document. Du cas fâcheux des macros dans les documents de tableur : pour l’instant, pas de problème à la lecture ou au partage, les version de M$ Office commençant à ne plus trop merder sur la lecture de fichiers que je crée via Gnumeric (n’utilisant pas de macro, je ne sais pas ce qu’il en est de ce côte), ou à lire des documents venant « de l’ennemi ». Et puis, bien souvent, pour du simple texte sans besoin d’un mise en page abracadabrante, que je devrais faire circuler : le TXT ça existe encore, et en plus c’est léger. Ainsi, nul besoin de M$ Office, et je ne me sens pas pour autant « frustré » ou mis au ban d’une norme auto-instituée par le nombre d’utilisateurs, alors que ceux-ci disposent toujours des outils pour lire ce que je leur propose – je m’arrange quand même un poil pour ça.